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Le diagnostic des composantes du milieu

Le problème, dans une étude de paysage, est qu'il faut prendre en compte toutes les composantes du milieu.

Car, si l'on veut pouvoir répondre aux multiples questions posées par la gestion de ces paysages, questions elles-mêmes liées à des facteurs socio-économiques et techniques imprévisibles, si l'on veut mettre en évidence des cycles et calculer des bilans complets ou si l'on veut faire des hypothèses sur les évolutions futures, il faut tout voir, tout comptabiliser, tout mesurer pour... tout prévoir !

La solution à ce problème a consisté, non pas à "décrire" le milieu (ce serait sans grande utilité, et de toutes façons on n'en finirait jamais !) mais à porter des "diagnostics" sur l'état de chacune de ses composantes (la démarche est comparable à celle d'un médecin généraliste qui fait le bilan des symptômes présentés par différents patients).

Très rapides d'emploi et très synthétiques, ces diagnostics font référence, à la fois, aux données de la perception immédiate et aux connaissances scientifiques les plus récentes : sur le tableau suivant, la colonne du milieu montre ce que chacun peut apprendre à voir sur le terrain alors que la colonne de droite indique (très brièvement !) ce que les spécialistes savent (ou supposent) de la mise en place de ces composantes du milieu.

Ce tableau est incomplet, et le lecteur aura sans doute remarqué qu'il manque au moins une colonne :

"Comment cela s'appelle ?"

 

Ce que l'on voit :

Ce que l'on reconnait :

Ce que cela signifie :

- la cîme d'un grand arbre : porté par de très grosses branches irrégulières, le feuillage est étalé et devient même plus large que haut.

- cet arbre est arrivé au maximum de son expansion : il a déjà "réitéré" son modèle de croissance plusieurs fois et ne peut plus que dépérir...

- la cîme d'un petit arbre : le feuillage est allongé selon la verticale, en forme de fuseau, les ramifications sont très régulières.

- cet arbre est en pleine croissance (il est encore conforme à son modèle génétique), il va aller se nicher sous l'arbre précédent, attendant de prendre sa place...

- de petites touffes d'herbes isolées, laissant une grande partie du sol à nu ; les feuilles effilées et redressées ressemblent à celles des Graminées.

- après les feux de brousse, ces herbes sont en compétition avec les plantules des arbres mais elles couvriront bientôt toute la surface du sol...

- des "épandages" de gravillons ferrugineux et de petites "plages" de sables blancs, étalés à la surface du sol.

- les gravillons apparaissent après un processus d'"accumulation relative" (par départ des particules fines), les sables sont simplement en "transit" (par ruissellement diffus)...

- une terre homogène, de couleur rouge vif, son toucher est argileux ou sablo-argileux, avec de petites mottes (des "agrégats") bien formées.

- ce matériau résulte d'une altération très poussée ("argilification") et d'un intense brassage effectué par les animaux, les racines, etc. ("pédoturbation" et "pédoplasmation")...

- une terre beaucoup plus hétérogène, avec des taches contrastées (à laquelle s'ajoute, sur le profil d'ensemble du milieu, des restes de roche).

- les taches témoignent d'une ségrégation du fer liée à une remontée saisonnière de la nappe phréatique (dans un matériau profond, en voie d'altération)...

Ce n'est qu'après avoir reconnu (et identifié...) les multiples composantes du milieu que l'on peut les "mesurer". Mesurer notamment leurs masses, leur volumes ou leurs densités en faisant appel, cette fois, à des techniques souvent plus lourdes à mettre en oeuvre sur le terrain mais depuis longtemps utilisées par les spécialistes (en particulier les phytoécologistes et les pédologues)...


(d'après J-F. RICHARD, 1989)



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