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L'analyse du milieu :
le découpage de la géosphère en "hoplexols"

Il est rare que les roches, les eaux, les sols, les herbes, les arbres... soient sens dessus dessous !
Telle qu'elle apparaît sur le terrain ou sur la photographie, la géosphère présente une organisation remarquable. Comme on a déjà pu le voir, cette organisation reproduit la structure et le fonctionnement d'un géosystème soumis à la double influence de l'énergie solaire ("attirant vers le haut" : la croissance des plantes, l'évaporation...) et de l'énergie de pesanteur ("attirant vers le bas" : l'accumulation de matière organique, l'infiltration de l'eau, le lessivage des sols...). Ces forces ont bien sûr des conséquences directement visibles à la surface de la terre : elles déterminent un très fort gradient vertical, et sont responsables d'une très nette différenciation des composantes du milieu selon cette verticale...

C'est la prise en compte de l'ensemble de cette stratification verticale qui constitue l'originalité de notre méthode d'observation du milieu : chacune des "strates" ou "inter-strates" de la végétation, chacun des "horizons" ou "sous-horizons" du sol, chacune des "couches", des "pellicules" ou chacun des "placages" que l'on peut voir à la surface du sol, même le plus infime, sera considéré à part, délimité puis analysé en détail sur le terrain...

Pour insister sur le fait qu'il s'agit bien d'une même et seule organisation naturelle, et pour souligner la nouveauté de cette vue d'ensemble de la géosphère, nous avons proposé un terme générique unique pour identifier ces structures élémentaires du milieu : nous les appelons des "hoplexols".

 

1 - Sans oublier que la photo ne représente qu'un état très provisoire d'une infime fraction du paysage (!), il faut avant tout considérer l'ensemble de ce "profil" vertical du milieu (noté H), depuis la cîme des arbres jusqu'au front d'altération des roches..

2 - Cinq premiers sous-ensembles sont ensuite assez faciles à séparer : le feuillage et les branches des arbres (S), le couvert herbacé en vert plus clair (U), la mince "surface du sol" (T), le sol en rouge vif (F) et la partie inférieure de ce sol, de couleur et de nature apparemment plus hétérogènes (I).

A noter que ce découpage schématique sera surtout utilisé au bureau, lors du traitement des informations.

3 - Le découpage qui sert de méthode d'analyse sur le terrain est plus précis : c'est en effet ici que l'on va chercher à délimiter tous les hoplexols formant la géosphère
(...le jour de l'observation!).

Ces hoplexols (notés h) se caractérisent directement par leur enveloppe (ou : leur volume) : on décrira ou mesurera leurs formes, leurs limites, leurs épaisseurs, leur situation dans le "profil", leur durée et leur récurrence dans le temps...

Ce n'est qu'après avoir donné ces caractéristiques géométriques que l'on analysera leur "contenu" en employant des techniques beaucoup plus spécialisées.


A noter que ces hoplexols sont en nombre variable, une quinzaine dans cette savane du nord de la Côte d'Ivoire. Ce chiffre est à lui seul très important : c'est une mesure de la complexité d'un état du paysage (notion à comparer avec celle de la diversité du paysage : nouvelle fenêtre à refermer après consultation ).

(d'après J-F. RICHARD, 1989)


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