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L'analyse du paysage :
"paysages", "segments de paysage" et "géons"

Analyser un paysage consiste à partir d'une vue générale, éloignée, et à se rapprocher progressivement de la surface de la terre... On découvre alors trois séries d'unités paysagères emboîtées les unes dans les autres : les "paysages", les "segments de paysage" et les "géons" (ces dernières unités, les plus petites, correspondent à ce que l'on pourrait appeler des "milieux naturels élémentaires").

La perception mise en oeuvre est très globale (elle tient compte du relief, des sols, du couvert végétal, de l'occupation des terres, etc.) mais, pour des raisons d'efficacité pratique, elle repose surtout sur l'analyse méthodique des systèmes de pentes topographiques (la mesure d'une pente fournit le critère le plus simple, le plus universel et le plus permanent de la dynamique du paysage).

Ces trois séries d'unités paysagères font l'objet de trois cartographies différentes mais complémentaires (en Afrique francophone, elles sont réalisées aux échelles du 1/200.000 pour les paysages, du 1/50.000 pour les segments de paysage et du 1/10.000 ou du 1/5.000 pour les géons). On se doute que chacune de ces trois cartographies permet d'aborder des problèmes spécifiques... eux aussi "complémentaires" les uns des autres !

L'exemple a été pris dans le "pays Baoulé", au centre de la Côte d'Ivoire : cette mosaïque de forêts et de savanes se trouve aux marges de la zone équatoriale humide, au contact avec la zone tropicale à saison sèche.

 

Vus de loin, limités par un petit cours d'eau, s'opposent un paysage surtout forestier (à gauche) et un paysage surtout savanicole (à droite).

Vu de plus près, le paysage savanicole se subdivise en segments directement liés à des ruptures de pente (soulignées ici par une végétation contrastée) : une "toposéquence" de milieux apparaît, reliant les sommets boisés aux bas-fonds forestiers (en passant par diverses savanes de versant).

Vus de très près, les segments du paysage se subdivisent à leur tour en unités plus petites : les "géons". Ce sont ces "géons" qui feront l'objet des études de terrain...


A noter que ces dernières unités ont des extensions plus variables que celles des précédentes (leurs limites sont d'ailleurs parfois plus difficiles à tracer avec précision). Leur densité (ou : leur nombre par rapport à la superficie des unités d'ordre supérieur) fournit un premier renseignement très important : d'une manière simple mais tout à fait opérationnelle, elle donne une mesure la diversité du paysage (notion à comparer avec celle de la complexité du paysage : nouvelle fenêtre à refermer après consultation).

(d'après J-F. RICHARD, 1989)


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